
Quand la maison compte l’eau en contenants Par Sidonie Morel Une cuisine qui commence par du plastique, pas par un robinet À Leh, le premier objet que l’on déplace le matin n’est souvent pas une bouilloire. C’est un contenant. Un jerrican jaune, usé aux angles, repose près de la porte, là où s’accumulent chaussures et poussière. Il a un bouchon à vis dont le filetage retient un anneau de grain de sable. Le jerrican n’est ni une décoration ni une mesure d’urgence. Il fait partie de l’équipement de base de la maison, au même titre qu’une louche ou un balai. Quand l’eau arrive par une conduite, elle s’annonce par le […]

L’année des deux retours By Sidonie Morel L’ordre de l’année À l’automne, retour au village ; au printemps, retour à l’internat Dans certaines régions de l’ouest de l’Himalaya, où l’hiver ferme les routes pendant des semaines, l’année scolaire s’organise autour de deux longs voyages. Avant que l’hiver ne resserre son étau, les enfants rentrent de l’internat vers leur village natal. Quand le printemps arrive et que l’itinéraire redevient praticable, ils repartent du village vers l’internat pour entamer la prochaine période de scolarité. Le mouvement a lieu deux fois par an, et la direction compte. Il est utile de nommer la séquence simplement, car le paysage peut dérouter le lecteur s’il […]

Quand le seau est plus léger qu’il ne devrait l’être By Sidonie Morel Le premier son est celui du métal Avant le soleil, la journée a déjà son poids Le matin commence par une petite violence sonore : le métal contre le métal, le tintement rapide de l’anse d’un seau, le choc sourd d’un couvercle posé un peu trop fermement parce que les mains sont encore à moitié endormies. Au Ladakh, la lumière du petit jour n’a rien de sentimental. Elle arrive nette et pâle, une fine lame le long du bord d’un mur, et elle vous montre des choses que vous n’aviez pas demandé à voir : la sécheresse […]

Quand un haut plateau enseigne le mouvement sans le voyage By Sidonie Morel Avant que la lumière ne devienne un horaire Sur le plateau du Changtang, le matin n’arrive pas avec une annonce. Il s’infiltre, comme la chaleur quand on garde longtemps les paumes autour d’une tasse. La première chose que l’on entend n’est pas le son héroïque qu’on attend des hautes terres — ni vent triomphant, ni silence cinématographique — mais quelque chose de domestique et de précis : une corde traînée sur une terre tassée, une toux sourde depuis l’intérieur d’une tente, une bouilloire qui trouve sa place sur une flamme qui hésite encore à tenir. Quand j’ai […]

Quand le sentier est la vraie carte Par Sidonie Morel Au Ladakh, la première chose que la route vous apprend, c’est la vitesse. Elle vous dépose quelque part avant même que vous ayez eu le temps de sentir l’air changer sur votre peau. Le moteur s’arrête, vous descendez, vous regardez — puis vous repartez, comme si le paysage n’était qu’une suite d’images accrochées trop près les unes des autres. Mais il existe un autre Ladakh, plus ancien que les kilomètres et plus silencieux que les horaires, où le chemin n’est pas un accessoire du voyage, mais sa raison d’être. Cela commence par de petites choses : une bifurcation hors de […]

Là où la pierre retient son souffle : le Ladakh et le travail de rester Par Sidonie Morel Arriver là où la terre est tenue tout près Le premier contact n’est pas l’émerveillement, mais le poids Il y a un moment, en sortant d’un véhicule au Ladakh, où l’air ressemble moins à une atmosphère qu’à une étoffe sèche et fine, tirée à l’extrême. Il ne gonfle pas. Il n’adoucit rien. Il tient sa ligne. Le corps répond avant que l’esprit ait le temps de composer une phrase : un léger resserrement dans la gorge, une râpe presque imperceptible derrière la langue, l’instinct d’avaler lentement pour que la sécheresse ne vous […]

Une montagne noire au bord de la permission Par Sidonie Morel Au Zanskar, la lumière ne tombe pas simplement ; elle se pose, comme si elle avait du poids. Elle presse la vallée vers une netteté implacable — la pierre plus tranchante, l’eau plus froide pour l’œil, la poussière dans l’air brièvement révélée comme de la farine secouée au-dessus d’une table. Je suis arrivée avec la faim européenne ordinaire de « voir », de traduire la distance en possession. Le Zanskar refuse cette faim avec douceur, comme un hôte refuse un second verre pour votre propre bien. Je l’ai appris d’abord non pas par un mur de monastère ou une […]

Leh au premier souffle : apprendre le rythme de l’air rare du Ladakh By Sidonie Morel Une chambre de soleil et de silence — vos premières heures à Leh Le rituel d’arrivée (et pourquoi faire moins, c’est faire juste) Vous le remarquez d’abord dans les escaliers. Pas d’effondrement dramatique, rien qui mérite une scène de mélodrame — seulement une surprise discrète, comme si le bâtiment était devenu légèrement plus raide que sur la carte. Leh vous accueille avec une lumière particulière : pâle, sans hâte, presque cérémonielle. Et avec cette lumière vient la première leçon pour prévenir le mal d’altitude au Ladakh. Ce n’est pas une leçon de dureté. C’est […]

Festival du Ladakh Dates (2026–2027) : gustors monastiques & temps forts culturels Un festival au Ladakh n’est pas seulement un événement : c’est une scène vivante de couleurs, de musique et de rituels, baignée par la lumière du haut désert. Si vous choisissez vos dates de voyage, ces célébrations peuvent devenir le cœur de votre itinéraire : danses masquées dans les cours des monastères, lampes au beurre qui brillent dans les salles de prière, et le battement doux des tambours qui porte d’une vallée à l’autre. Voici un calendrier clair, facile à parcourir, des principaux festivals monastiques et des grandes dates culturelles pour 2026 et 2027. Pour les entrées indiquées […]

Marcher au Ladakh, là où la journée refuse d’être optimisée Par Sidonie Morel Première lumière à Leh Un matin sans itinéraire, et pourquoi cela ressemble à une permission La plus belle chose, dans un matin au Ladakh, c’est qu’il ne vous flatte pas. Il est net, lumineux, et légèrement intransigeant, comme si l’air lui-même avait décidé que le drame inutile est un gaspillage d’altitude. Vous ouvrez une porte et la journée est déjà là — la lumière du soleil rinçant les murs blancs, un vent fin testant chaque recoin, et la silhouette lointaine des montagnes qui fait qu’une petite rue ressemble à un couloir taillé dans le ciel. Certains arrivent […]

